Jeveux que ce travail soit un travail de mémoire, pour mes grands-pères, que je n’ai presque pas ou peu connu, et je pense que cela aura été mon plus grand regret dans la vie, mais aussi pour tous ces pionniers de l’aviation, qui ont risqué leur vie pour arriver à l’aviation d’aujourd’hui. Je vous demanderai donc, si vous prenez des éléments de ce site, de me prévenir mais LesVictoires de la musique voientHTTP/1.0 200 OK Cache-Control: no-cache, private Date: Wed, 16 Mar 2022 14:18:26 GMT Cemercredi 27 juin, Taj Jackson, petit-fils de Joe Jackson et membre du groupe 3T, a publié sur Twitter un message où il rend hommage à son grand-père, dont il demande de respecter la mémoire. Honneurmon défunt père, mon père tuteur, ma mère, ma femme et toute ma famille petits et grands; Mes professeurs; Mes amis. 1. Avant de développer ce rapport de stage, je tiens à remercier un certain nombre de personnes qui m'ont aidé durant ce stage d'un mois. Je tiens à remercier tout particulièrement Mr Ahmed ALLAOUI, Directeur Régional de l'ONE Marrakech Aujourdhui documentariste et fréquent collaborateur scénique de Florent Siaud, celui-ci s’en est inspiré pour Le Kodak de mon arrière-grand-père, dramatisé et CvDO9rj. Entre transmission et aliénation, les descendants des victimes de l’Holocauste tentent d’alléger le présent d’un lourd passé. Cette marche en mémoire de Mireille Knoll a été dure. J’ai regardé le ciel en pensant aussi à lui… » A Paris, en ce jour de marche blanche en hommage à l’octogénaire assassinée à Paris parce que juive, Florence avait en tête et épinglé au coeur le souvenir d’un autre juif, Salomon, son grand-père. Quelques jours auparavant, au Mémorial de la Shoah, elle murmurait en passant devant le Mur des noms des déportés où est inscrit celui de son aïeul Le travail de mémoire que j’entreprends ici autour de son histoire, c’est pour que l’on n’oublie jamais cette tragédie. » À peine une semaine plus tard, le terrible fait divers est venu raviver les mémoires familiales portant encore, soixante-dix-sept ans après la Shoah, le poids de la barbarie des bourreaux nazis. Pour Florence, le chemin entre la grande Histoire et la sienne est un sentier récent. J’ai découvert tard que mon grand-père, qui m’a en partie élevée, était un survivant de l’Holocauste. » Sur dénonciation, le commerçant a été victime de la rafle de la rue Keller, dans le 11e arrondissement de Paris, en août 1941. Interné à Drancy, il a ensuite été déporté à Auschwitz en 1942 jusqu’à sa libération en 1945. Il ne m’a jamais raconté. Ses chiffres tatoués sur l’avant-bras, il me disait que c’était pour ne pas oublier son numéro de téléphone », s’émeut-elle, en se souvenant de ce grand-père si plein de vie », qui la faisait tellement rire. Lui et ma grand-mère me protégeaient du récit de l’horreur. » Mais, un jour, l’adolescente zappe à la télé sur Shoah, le film de Claude Lanzmann, le documentaire de référence sur l’extermination des Juifs. La brutalité du passé se fracasse sur son présent de petite-fille. En voyant les tatouages des témoins, j’ai compris… Papy était mort deux ans avant. Impossible d’en parler à mamie. J’ai gardé le silence, le tabou… » Elle attendra ses 25 ans pour faire revenir les mots, délivrer la parole, entrouvrir la boîte à secrets familiale. Un geste l’y aide Ma grand-mère, avant de mourir, m’a remis dans un sac plastique des dizaines de lettres. Celles écrites par mon grand-père pendant sa captivité à Drancy. Elle m’a glissé Fais-en quelque chose. » Un héritage en partage, l’histoire personnelle à renouer avec le récit collectif, un travail titanesque. Fouiller les archives, dévorer essais et romans, éplucher rapports et actes administratifs, arpenter les allées et couloirs des lieux de mémoire. Découvrir même que sur la database des victimes de Yad Vashem à Jérusalem, Salomon avait été déclaré mort à Auschwitz… J’ai gardé le silence, le tabou… » Je me suis plongée dans la Shoah jusqu’à, parfois, en perdre pied. C’est le lot de beaucoup de descendants. Nous voulons tant comprendre comment une telle folie a détruit nos familles et nous hante encore. Le traumatisme infuse les générations et nous place devant la vertigineuse question de la transmission… Comment la porter ? Jusqu’où ? » Son combat est d’abord administratif, pour faire reconnaître que son grand-père est un survivant. Ensuite, de tenter de savoir ce qu’il s’est passé pendant ces années terrifiantes dans les camps. A-t-il été sonderkommando, effroyable rôle attribué à certains prisonniers contraints de participer à l’extermination finale ? Encore beaucoup de questions, peu de réponses. Si j’ai pu aller à Drancy, je me sens encore incapable de me rendre à Auschwitz. » Et puis, au fil de cette dizaine d’années de quête mémorielle, Florence a fini par sentir un souffle de vie plus puissant que le vent de la mort Ces lettres de papy sont pleines d’amour, d’espoir, de force. C’était du côté des vivants que je voulais entretenir la mémoire. » C’est alors au Mémorial de la Shoah, au coeur du Marais, qu’elle choisit de raconter Salomon. Le musée, ouvert en 2005, est un lieu de mémoire, d’exposition, de recherche et de documentation aussi incontournable que Yad Vashem, le musée de l’Holocauste à Washington et le Jüdisches Museum de Berlin. En 2017, le site de la rue L’Asnier a connu un record d’affluence en accueillant 228 900 visiteurs. L’une de nos missions, détaille Lior Lalieu-Smadja, responsable de la photothèque, est le recueil de documents, objets et photos de particuliers comme ceux de Florence. Soit ici, soit lors de nos collectes annuelles en régions 1. La préservation de ces pièces est indispensable à la transmission et à la prévention des crimes contre l’humanité. C’est aussi dire aux descendants combien leur histoire familiale garde une grande valeur dans l’Histoire. » Florence a franchi le pas en prêtant au Mémorial quelques documents pour numérisation. J’ai proposé ce qui pouvait faire sens en préservant toute leur intimité. Ce fut étrange de déposer là un peu de papy. Je pense l’honorer en lui donnant une place dans ce lieu si… » L’émotion étrangle la phrase. Comme le crayon qui hésite encore à encrer les souvenirs. Le futur projet de Florence sera sans doute au bout de la plume. Elle s’y essaie déjà lors d’ateliers d’écriture au Mémorial. Écrire, je ne sais pas comment, pour qui, mais ce sera pour ne plus laisser une page blanche sur l’oubli. » Valérie PARLAN. Source ouest-france La Mémoire de mon pèrePatrick ZachmannFrance, 1991, 31 min / Couleur Synopsis Patrick Zachmann a derrière lui une œuvre photographique importante quand il aborde le 1991, il choisit le film pour accéder enfin à une vérité, la vérité de son histoire familiale, sur laquelle son père juif, fils de déporté, garde le silence depuis toujours. Patrick Zachmann a derrière lui une œuvre photographique importante quand il aborde le cinéma. En 1991, il choisit le film pour accéder enfin à une vérité, la vérité de son histoire familiale, sur laquelle son père juif, fils de déporté, garde le silence depuis toujours. Il a besoin du temps de la caméra, de sa mémoire, pour réussir cet ultime dialogue et entendre une parole toujours différée. Outre la justesse et la beauté des cadres - qui n’étonneront pas - nous sommes touchés par le respect et la pudeur avec lesquels le cinéaste obtient de son père une transmission dont il a un besoin vital. Difficile transmission pour ce juif intégré qui a fait de l’oubli un devoir, souvenirs douloureux, longtemps refoulés, dont il fait cadeau à son fils avant de mourir. À propos du film "Un jour, je décidai non plus d’essayer de photographier mon père, mais de le filmer. Dans une relation presque professionnelle qui allait nous permettre de se parler enfin l’un à l’autre mais sans se l’avouer ouvertement. … Un an après la mort de mon père, j’ai repris ces heures de tournage et décidé d’en faire un film. Un film sur la relation nouée entre un fils et son père, un film sur la mémoire, un film sur la transmission, celle que les pères doivent à leurs enfants, celle que je dois maintenant à mon fils puisqu’à mon tour, je suis devenu père." Patrick Zachmann Article de Anne Brunswick sur Patrick Zachmann paru dans Images documentaires, n°17 Générique Titre La Mémoire de mon père Réalisation Patrick Zachmann Montage Françoise Tourmen Production TV10 ANGERSGÉDÉON Distribution Documentaire sur grand écran Fonds Pierre Ribot. Mémoire de mon père vieux page 1 1731, MÉMOIRE DE MON PÈRE VIEUX ou les dernières volontés d’un homme de Clavans en 1731 Archives Fonds Pierre Ribot, Clavans Transcription Xavier Gonord Graphie originale respectée. Autres archives du Fond Pierre Ribot La noblesse Uissane fête une naissance à Bourg-d’Oisans Inventaire de 1686 1731 mémoire de mon père vieux Etat ou memoire que mon pere vieux m’a fait escrire comme il veut que nous nous comportions pandant l’anée de son desces en premier lieu il faut bailler 6 livres pour l’autel de Saint Roc il faut preparer des chandeles et avoir soin de les faire benir au paravant que s’en servir – Il veut estre porte par quatre de ses fileuls savoir Pierre Dusser feu Jan, Pierre Dusser feu Pierre, Pierre Eymar, Pierre Dusser feu Barthelemy et a defaut d’un d’eux Etienne Chabonnel et aux autres de ses fileuls et fileules qui assisteront volontairement il faut leur bailler a chacun une chandele et deux liars chachun pour faire dire deux estasions chacun a ceux qui voudront prandre les deux liards.– Et quand a l’annonce acoutumee qui se fait d’ancienne coutume comme ausy [celle] des pretres sy nous en voulons plus que monsieur le cure il le laisse a notre discretion et volonté.— Et comme ce net pas giere la coutume de cuire des feues au bout de la nouvene il veut que nous donnions dinner a douze pauvres.– Et pandant l’annee du deces il veut que les fetes et dimanches nous donnions du moins diner a trois pauvre – Fonds Pierre Ribot, Mémoire de mon père vieux P. 2 Comme ausy sy monsieur le cure veut dire le deprofondis et l’oraison apres l’estatition ordinaire pandant l’anee du desces nous leur baillerons au bout de l’an pour retribution un cartal fromant et s’il veut continuer la seconde anée les susdites estations comme l’année du deces nous luy baillerons pour retribution un cartal fromant et un cartal segle que s’il trouve pas la retribution sufisante [si non] il veut que nous le vandions et le donnions au pauvres.– Et s’il fait les susdites estations [ci]-desus et dit[tes] il veut au bout de la seconde année que nous fassions chanter l’office et la messe et donnions dinner à 12 pauvres – il a été omis qu’après l’enteremant, nous donnions le repas a fileuls et fileules ayant fait signé le present memoire par son commandemant qu’il m’a dite mot et mot fait ce 26 avril 1731 j. Ribot à Laurent Il veut ausy que nous tenions une chandele sur le dernier banc ou il avait a coutumes de se mestre et que nous ayons soin de l’alumer à toutes les messes que nous assisterons ou les autres de la chandele acoutume de l’ofrande. Au verso mémoire de mon père vieux comme il veut que nous nous comportions padant l’année de son décès. Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, une erreur ou si vous souhaitez ajouter une précision, veuillez nous en informer en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur les touches [Ctrl] + [Entrée] . Ce contenu a été publié dans ARCHIVES, CHRONIQUE, TÉMOIGNAGE, TEXTE, VILLAGE, avec comme mots-clés archives, Clavans, oisans, ribot, testament, Texte. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien. Paul Rétif, auteur de Louisfert Loire-Atlantique, présente un nouvel ouvrage à la mémoire de son grand-père. Il y dépeint la campagne castelbriantaise du siècle dernier. Par Léo Gautret Publié le 6 Juin 22 à 1058 L'Éclaireur de Châteaubriant Paul Rétif, auteur de Louisfert Loire-Atlantique, présente un nouvel ouvrage à la mémoire de son grand-père ©L’Éclaireur de ChâteaubriantPassionné d’histoire et de patrimoine, Paul Rétif vient d’éditer son deuxième ouvrage, Mémoires d’un fils et petit-fils de paysan Haut Breton. L’auteur local y déroule le fil de la vie de son grand-père paternel et de sa famille, à Louisfert Loire-Atlantique, des années 1950 à la fin du siècle dernier. J’ai écrit ces lignes, à la mémoire de mon grand-père Henri Rétif, que j’ai mieux connu que mon père. Fils et petit-fils de paysan, j’ai grandi dans une famille de paysans. Les années de mon enfance à la ferme ont imprimé en moi des images fortes et vivaces que j’aie eu envie de faire connaître, pour que les nouvelles générations transmettent ce que nous, gamins des années 1950 avons vécu. Il a suffi seulement d’un demi-siècle pour enregistrer de profonds bouleversements. » Les gamins des années 1950 »Le Locfériens de 70 ans s’est replongé dans les notes griffonnées tout au long de sa vie pour reconstituer ce récit familial, en gardant tout du long son grand-père comme fil rouge. C’est un peu ce qu’on a vécu nous, les gamins des années 1950 dans les petites fermes, sans voiture, sans téléphone ni d’eau courante. Aîné de cette famille de six enfants, Paul Rétif y évoque son existence, dans la fermette de la Noë, où il dut épauler sa mère dès l’âge de 14 ans à cause de la maladie puis du décès de son père. Le garçon venait tout juste d’obtenir son certificat d’études. Il vivait alors sous le même toit que son grand-père paternel, Henri Rétif, rescapé de la Grande Guerre. J’ai retrouvé tout son parcours de guerre Verdun, le Chemin des Dames… il était lui aussi paysan. » Il apparaît d’ailleurs sur la couverture en tenue y dépeint une autre époque, où le pouls de la campagne était rythmé par le rythme du soleil et des saisons. Sauvegarder ce qu’on a vécu »Le parcours de son oncle devenu moine capucin en 1957, missionnaire en Éthiopie jusqu’en 1981, fait aussi l’objet de nombreuses pages, tout comme sa scolarité à l’école d’Issé. J’y raconte la vie de ma famille, de mes ancêtres et des habitants de l’époque. C’est sauvegarder ce qu’on a vécu. C’était un besoin de raconter, même mes sœurs ne sont pas au courant de tout. Une démarche que Paul Rétif avait déjà entamée en publiant Louisfert dans l’histoire de la Bretagne en en ce moment sur ActuCe livre de plus de 400 pages est disponible dans des commerces de Louisfert, Erbray, Issé, Saint-Vincent-des-Landes, Saint-Aubin-des-Châteaux et à Châteaubriant à la librairie La liste de mes envies au prix de 22 €.Contact Paul Rétif La Noë 44110 Louisfert. 02 40 81 01 51 ou [email protected] Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre L'Éclaireur de Châteaubriant dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites. Recueil La voix de mon pèreNathalie LeclercLeméac154 pagesEn librairie le 19 octobre Nathalie Leclerc était encore adolescente lorsqu’elle a décidé qu’elle consacrerait sa vie à la mémoire de son père Félix, qui est mort un peu plus tard alors qu’elle n’avait que 19 ans, en 1988. Une tâche qu’elle a accomplie avec passion en prenant les rênes de la Fondation Félix-Leclerc et en créant le magnifique lieu de diffusion qu’est l’Espace Félix-Leclerc à l’île d’Orléans. Mais elle a attendu près de 30 ans après la disparition de Félix avant de publier un premier livre, son rêve de toujours. Il y a deux côtés à une médaille. C’est extraordinaire d’avoir été la fille de Félix. Mais même si j’écris depuis l’adolescence, car pour moi c’est vraiment une pulsion, j’ai toujours eu cette espèce de peur de me faire comparer, ou qu’on m’accuse de me servir de lui et qu’on dise que j’étais publiée seulement parce que j’étais la fille de. »Nathalie Leclerc ne changerait pas de père pour autant, bien sûr. Je pourrais t’en parler jusqu’à demain matin ! », lance-t-elle. Il aura été la grande inspiration de sa vie, il était donc logique que son premier livre soit consacré au poète de l’île d’Orléans. La voix de mon père, recueil d’une centaine de courts textes très poétiques où l’émotion est à fleur de peau, est le portrait de Félix vu à travers le regard d’une petite fille amoureuse de son père, qui arrêtait de vivre lorsqu’il partait en tournée et qui a grandi en emmagasinant chaque détail de lui. Ce n’est pas une biographie car je ne suis pas biographe, ce n’est pas mon métier, explique-t-elle. Il y a des choses que je ne peux raconter car je n’étais pas là. D’ailleurs, il n’y a pas de date c’est un peu intemporel et je voulais ça. » Je voulais surtout montrer que mon père était l’homme authentique que vous avez connu, conforter les gens dans la vision qu’ils ont de lui. Et c’était un maudit bon père. Ce livre est une lettre d’amour à mon père, comme n’importe quelle fille aurait pu écrire. »— Nathalie LeclercMais Félix n’est pas n’importe quel père. Et si Nathalie Leclerc raconte dans ce livre comment il aimait observer la nature et lui en montrer la beauté, il est fascinant de découvrir ce Félix en grande séance de ménage et jetant une bonne partie de ses manuscrits à la poubelle – Je suis tellement fâchée contre lui, mais aussi contre moi qui l’ai laissé faire ! » – ou excité comme un enfant à l’idée de recevoir Maurice Richard chez lui. Nathalie Leclerc a mis des années à faire le deuil de son père. Elle raconte aussi dans le livre ce long et dur chemin parcouru depuis sa mort. Ça m’a pris six ans avant d’être capable de juste voir une photo, de réécouter une entrevue. Je ne le pleure plus maintenant, mais je l’ai longtemps pleuré. Un jour, j’ai compris que je pouvais trouver des réponses dans son écriture. C’est fantastique d’avoir un père qui écrit ! Sa présence est donc toujours très forte en moi. »Après deux ans passés en France avec ses trois garçons, Nathalie Leclerc est revenue s’installer à l’île d’Orléans l’été dernier. Si elle garde un œil sur la Fondation Félix-Leclerc, elle n’est plus aussi impliquée qu’avant et semble s’être affranchie un peu de son rôle de gardienne de la mémoire. Son désir écrire encore plein d’autres livres. J’espère que les gens aimeront celui-ci et que j’en publierai plein d’autres. Mais je pense que je pourrai maintenant sortir de lui. Je ne suis plus une petite fille qui cherche son père. » NATHALIE LECLERC Lettre d’amour à un père La voix de mon pèreNathalie LeclercLeméac154 pagesEn librairie le 19 octobre Josée Lapointe La Presse Nathalie Leclerc était encore adolescente lorsqu’elle a décidé qu’elle consacrerait sa vie à la mémoire de son père Félix, qui est mort un peu plus tard alors qu’elle n’avait que 19 ans, en 1988. Une tâche qu’elle a accomplie avec passion en prenant les rênes de la Fondation Félix-Leclerc et en créant le magnifique lieu de diffusion qu’est l’Espace Félix-Leclerc à l’île d’Orléans. Mais elle a attendu près de 30 ans après la disparition de Félix avant de publier un premier livre, son rêve de toujours. Il y a deux côtés à une médaille. C’est extraordinaire d’avoir été la fille de Félix. Mais même si j’écris depuis l’adolescence, car pour moi c’est vraiment une pulsion, j’ai toujours eu cette espèce de peur de me faire comparer, ou qu’on m’accuse de me servir de lui et qu’on dise que j’étais publiée seulement parce que j’étais la fille de. »Nathalie Leclerc ne changerait pas de père pour autant, bien sûr. Je pourrais t’en parler jusqu’à demain matin ! », lance-t-elle. Il aura été la grande inspiration de sa vie, il était donc logique que son premier livre soit consacré au poète de l’île d’Orléans. La voix de mon père, recueil d’une centaine de courts textes très poétiques où l’émotion est à fleur de peau, est le portrait de Félix vu à travers le regard d’une petite fille amoureuse de son père, qui arrêtait de vivre lorsqu’il partait en tournée et qui a grandi en emmagasinant chaque détail de lui. Ce n’est pas une biographie car je ne suis pas biographe, ce n’est pas mon métier, explique-t-elle. Il y a des choses que je ne peux raconter car je n’étais pas là. D’ailleurs, il n’y a pas de date c’est un peu intemporel et je voulais ça. » Je voulais surtout montrer que mon père était l’homme authentique que vous avez connu, conforter les gens dans la vision qu’ils ont de lui. Et c’était un maudit bon père. Ce livre est une lettre d’amour à mon père, comme n’importe quelle fille aurait pu écrire. »— Nathalie LeclercMais Félix n’est pas n’importe quel père. Et si Nathalie Leclerc raconte dans ce livre comment il aimait observer la nature et lui en montrer la beauté, il est fascinant de découvrir ce Félix en grande séance de ménage et jetant une bonne partie de ses manuscrits à la poubelle – Je suis tellement fâchée contre lui, mais aussi contre moi qui l’ai laissé faire ! » – ou excité comme un enfant à l’idée de recevoir Maurice Richard chez lui. Nathalie Leclerc a mis des années à faire le deuil de son père. Elle raconte aussi dans le livre ce long et dur chemin parcouru depuis sa mort. Ça m’a pris six ans avant d’être capable de juste voir une photo, de réécouter une entrevue. Je ne le pleure plus maintenant, mais je l’ai longtemps pleuré. Un jour, j’ai compris que je pouvais trouver des réponses dans son écriture. C’est fantastique d’avoir un père qui écrit ! Sa présence est donc toujours très forte en moi. »Après deux ans passés en France avec ses trois garçons, Nathalie Leclerc est revenue s’installer à l’île d’Orléans l’été dernier. Si elle garde un œil sur la Fondation Félix-Leclerc, elle n’est plus aussi impliquée qu’avant et semble s’être affranchie un peu de son rôle de gardienne de la mémoire. Son désir écrire encore plein d’autres livres. J’espère que les gens aimeront celui-ci et que j’en publierai plein d’autres. Mais je pense que je pourrai maintenant sortir de lui. Je ne suis plus une petite fille qui cherche son père. » La voix de mon père Félix partout Comme La voix de mon père parle de Félix Leclerc au quotidien, nous avons demandé à Nathalie Leclerc de nous parler d’objets qui lui rappellent son père. Josée Lapointe La Presse Bic jaunes Il y avait un pot à café sur son bureau avec plein de crayons Bic dedans. Il écrivait tout à la main. Parfois il retapait à la machine, mais c’était laborieux. Son outil restait le crayon. Parfois on allait au resto, il avait une idée et pas de crayon, alors il en demandait un pour écrire sur la nappe… et repartait sans le redonner. »Le petit livre bleu de Félix C’est un de ses derniers livres et il m’en avait dédicacé un. Il est beau, et il était très fier de son livre bleu. Je me souviens de sa joie lorsqu’il a reçu sa boîte de livres. Évidemment je parle d’un livre publié pendant ma vie à moi, comme je suis née quand il avait 53 ans, il y en avait eu plein d’autres avant. »Nids d’oiseaux Mon père cueillait partout des nids d’oiseaux et les rapportait à la maison. J’en ai encore, et je fais la même chose maintenant pour mes enfants. Notre maison est un arbre… Un nid, c’est beau, délicat, ingénieux, fragile et solide à la fois. Bien sûr, on les cueille quand ils sont vides, quand les oiseaux sont partis ! »La chemise rose Diane Dufresne devait chanter deux chansons avec mon père dans un documentaire. Ils en ont fait une dans une barque, et comme elle était dans sa période rose, elle lui avait demandé de porter une chemise rose… Au début, il ne voulait pas, mais il a fini par dire oui car il aimait beaucoup Diane. Il me l’a donnée après, et j’ai beaucoup porté cette chemise. Je l’ai toujours, mais, bien sûr, je ne la porte plus ! Elle est chez ma mère, dans ma garde-robe de petite fille. »Un chêne Le chêne est l’arbre qui vit le plus vieux, il est droit et fort. Mon père a planté beaucoup d’arbres, et moi aussi je le fais. Quand je suis triste, je serre un arbre dans mes bras. Il faut l’essayer, il se passe vraiment quelque chose. » La voix de mon père Extrait Nous partons de temps en temps faire de grandes marches jusqu’au fleuve et il me raconte un tas d’histoires celle de l’oisillon qui retrouve sa maman après une nuit de froid, ou le récit de notre chèvre Barbichette qu’il a enterrée au printemps dernier, ou bien l’aventure du cerf-volant retrouvé dans la cime d’un arbre. Il m’apprend à vivre. » Ce texte provenant de La Presse+ est une copie en format web. Consultez-le gratuitement en version interactive dans l’application La Presse+.

à la mémoire de mon grand père